de Jean-Marc Labat le Lun 03 Oct 2005 05:54:18
Voici quelques légendes.
La légende veut que Clovis, à la veille de la bataille de Vouillé contre les Wisigoths, était arrêté devant la Vienne. Une biche apeurée lui signala dans sa fuite un gué. A cet endroit, la berge regorgeait d'iris de marais. Clovis en cueillit un comme porte-bonheur et vainquit. Il regarda dès lors la fleur comme symbole bénéfique et en fit confectionner en or et en velours pour décorer ses plus beaux ornements.
Et voici un extrait de Marc Bloch dans son livre "Les Rois thaumaturges":
Cette histoire était racontée par les moines de l'abbaye de Joyenval.
"Aux temps païens vivaient en France deux grands rois: l'un appelé Conflat résidait dans le château de Conflans; l'autre, Clovis à Montjoie. Bien qu'ils fussent tous deux adorateurs de Jupiter et de Mercure, ils se faisaient sans cesse la guerre; mais Clovis avait épousé une chrétienne, Clotilde, qui longtemps cherchat vainement à le convertir. Un jour, Conflat lui envoya un cartel; sûr d'être vaincu, Clovis ne voulut pas refuser le combat. Le moment venu, il demanda ses armes; à son grand étonnement, lorsque son écuyer lui eut remise, il constata qu'au lieu de son blason habituel-des croissants-elles montraient sur fond d'azur trois fleurs de lis d'or; il les renvoya et en réclama d'autres; elles lui présentèrent à leur tour les mêmes emblèmes; ainsi quatre fois de suite, jusqu'à ce que de guerre lasse, il se fut décidé à revêtir un harnois que décoraient les fleurs mystérieuses. Que s'était-il donc passé? Au vallon de Joyenval, près de la source vivait un pieux ermite que le reine Clotilde visitait souvent; elle était allée le trouver peu avant le jour fixé pour la bataille, et s'était mise avec lui en prière. Alors un ange apparut au saint homme; il tenait un bouclier d'azur orné de fleurs de lis d'or. "Ces armoiries", dit le céleste messager, "portées par Clovis lui donneront la victoire". Rentrée chez elle, la reine, profitant d'une absence de son époux, avait fait effacer de son équipement les croissants maudits et les avait remplacés par des lis sur le modèle de l'écu merveilleux. On sait déjà comment cette supercherie conjugale avait pris Clovis par surprise. Inutile d'ajouter que contre toute attente, il fut vainqueur à Montjoie-d'où le cri de guerre Montjoie Saint-Denis-et que mis au courant enfin par sa femme, il se fit chrétien et devint un monarque extrêmement puissant." (Fin de citation)
Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?
Goethe