Tout débute en 1629, lorsque quelques personnes décident de se rencontrer et former un cercle de discussion.
Valentin Conrart, Conseiller et Secrétaire du roi, proposa son domicile parisien aux 9 personnalités du groupe. Il fut secrétaire de ce cercle et confident à la fois des personnalités. Il occupera cette fonction pendant 41 ans, jusqu’à sa mort.
Jusqu’en 1638, les réunions avaient lieu au domicile des intéressés : chez Desmarests, Chapelain, Montmor, Gomberville, Habert de Cerisy, Boisrobert.
En mars 1634, un premier compte rendu de réunion fut signé, 8 jours après cette assemblée prenait le nom d’Académie Française.
Le cardinal de Richelieu, soucieux de la gloire, prit sous sa protection ces intellectuels, leur demanda d’établir des statuts, limita le nombre de personnes à 40, recrutés en fonction de leur talent.
Elle fut réellement fondée le 25 janvier 1635 par le Cardinal de Richelieu, avec l’autorisation par lettres patentes signées de Louis XIII.
En février 1636, ces membres prirent le nom d’académiciens. En 1637, le Parlement enregistra les lettres patentes et ainsi la compagnie des lettrés fut officielle.
A partir de 1639, le chancelier Séguier accueillit chez lui les réunions de l’Académie.
Les premiers à participer à ces réunions furent :
Valentin CONRART
Jean CHAPELAIN, considéré comme successeur de MALHERBE
Le Sieur de VAUGELAS, grammairien, surnommé « le Greffier de l’usage »
Pierre SEGUIER, Président à mortier du Parlement, garde des Sceaux
Olivier PATRU, celui qui inaugura la tradition des remerciements en septembre 1640.
A partir de février 1643, le chancelier Séguier organisa les réunions chez lui.
Pelisson dit : « en l’année 1643 le 16 février, après la mort du Cardinal de Richelieu, Monsieur le Chancelier fit dire à la Compagnie, qu’il désiroit qu’à l’avenir elle s’assemblast chez luy... Et certes quand je considère les différentes retraites qu’eut cette Compagnie, durant près de dix ans, tantost à une extrémité de la ville, tantost à l’autre, jusques au temps de ce nouveau protecteur : Il me semble que je voy cette Isle de Delos des Poëtes errante, et flottante, jusques à la naissance de son Apollon. »
La vaste propriété, qui devint l’hôtel Seguier, était située rue de Grenelle-Sainte-Honoré. [...] « Cette maison, dit Sauval, est faite de briques liées avec des chaînes de pierre, comme la place Royale, la place Dauphine.... Les assemblées « se font en hiver dans la salle haute, en esté dans la salle basse de l’Hostel Seguier, et sans beaucoup de cérémonie ».
Pendant la présidence de Séguier, 39 élections eurent lieu et de nouveaux élus sont apparus :
Pierre CORNEILLE
Antoine FURETIERE qui aurait eu une querelle à propos de son dictionnaire
Jean Baptiste COLBERT, qui fonda également l’académie de peinture, de sculpture, architecture, des sciences
Jacques Bénigne BOSSUET, évèque de Condom, précepteur du Dauphin
Charles PERRAULT, frère de l’architecte Claude
A la mort du cardinal Richelieu, le chancelier Séguier assura la protection de l’Académie.
En mars 1658, une personnalité de sang royal vint visiter cette institution : Christine de Suède
Puis une élection : duc de COISLIN à 16.5 ans
En 1672, à la mort du chancelier Séguier, l’Académie s’installa au Louvre, dans les salles du rez de chaussée, Louis XIV en devint le protecteur.
Le cardinal Mazarin, à sa mort, confia à Louis XIV un revenu afin de fonder un collège : Collège des Quatre Nations : 60 jeunes nobles issus des provinces françaises recevraient un enseignement gratuit. Le Vau se chargea de la construction du bâtiment ainsi que d’une chapelle avec un dôme à l’italienne : la célèbre Coupole, au bord de la Seine, qui fut achevée en 1680, par François d’Orbay.
La bibliothèque du cardinal Mazarin fut installée dans ces lieux, ce fut la 1ère bibliothèque de France.
Entre 1688 et 1792, les bâtiments reçurent les élèves.
En août 1793, la Convention abolit les académies et transforme les bâtiments en prison, ce n’est que grâce à Napoléon 1er, devenu empereur, que l’Académie put quitter le Louvre pour aller s’installer au Collège des Quatre-Nations en août 1806.
La première séance publique eut lieu le 15 germinal de l’an IV, il y en eut 4 de prévues par an. Cette 1ère séance rassembla 1500 spectateurs et marquait la renaissance des Lettres et des Arts en France.
En 1839, les bâtiments prennent leur aspect définitif.
La mission de l’Académie Française
La mission essentielle fut de fixer la langue française, de la rendre compréhensible par tous, pour cela il fallait composer un dictionnaire.
La 1ère édition fut publiée en 1694, puis une édition tous les 30 ans environ. Actuellement la 9ème édition est en cours de publication.
Les immortels
Au départ, il y eut donc 9 personnes, puis le nombre est passé à 40.
En novembre 1792, une loi décrète que les académiciens décédés ne seront pas remplacés.
Depuis sa fondation, 719 membres furent reçus. L’Académie Française rassemble des poètes, romanciers, hommes de théâtre, philosophes, médecins, hommes de science, critiques d’art, militaires, hommes d’Etat, hommes d’Eglise, ayant tous illustrés d’une façon ou d’une autre la langue française.
Le terme Immortel provient du sceau donné à l’Académie par le cardinal de Richelieu, la devise étant « A l’immortalité ».
Nul ne peut démissionner de cette fondation, des exclusions peuvent être prononcées, mais rarement il y en eut.
L’habit vert
En septembre 1800, les membres demandent officiellement le port d’un costume simple et décent.
En janvier 1803, l’Habit Vert est créé.
Ci-dessous l’extrait du procès verbal de la commission, du 4 Ventôse, an IX :
« La Commission s’étant assemblée extraordinairement avec les membres de l’Institut, qui avaient été appelés pour délibérer définitivement sur le costume, a arrêté qu’il ne serait rien changé à la couleur de l’habit, qui serait noir ainsi que le gilet et la culotte ou le pantalon ; mais que la broderie serait en soye verte figurant une branche d’olivier, que l’habit serait brodé entièrement, et que les membres seraient libres de ne faire qu’un petit costume, dont le colet et les parements seraient brodés comme un grand costume avec une seule baguette autour de l’habit, (en renvoi paraphé : ce petit costume sera seul de rigueur) : que le dit arrêté sera remis au Ministre de l’Intérieur ».
Signé : Peyre, Camus
L’épée
Accompagnant l’habit vert, l’épée obligatoire au début (les membres de l’Académie faisant partie de la Maison du Roi) devint gratuite. Elle disparut pendant la Révolution, pour réapparaître sous l’Empire et la Restauration.
Au courant du 19è siècle, l’épée reçut une signification nouvelle : elle devint l’emblème des corps officiels de l’Etat (armée, ambassades, consuls, amiraux, gouverneurs, préfets.
http://www.academie-francaise.fr/index.html

