De toutes parts, des bruits de fêtes, de musique et de danses réjouissaient les oreilles. Le temps était très lourd et comme j'étais un peu fatigué d'une longue marche, j'entrai à travers une barrière treillagée dans un vaste pavillon où je me fis servir une limonade. Là, je trouvai une nombreuse société bourgeoise qui se délassait des labeurs de la journée en valsant et en buvant de la limonade.
L'étranger est toujours surpris de voir la grâce et l'activité que le Français même des plus basses classes déploie en dansant. Des caporaux en favoris, en grosses bottes sales, et de jeunes marchands, en longues redingotes, faisaient danser des femmes de chambres et des grisettes avec une élégance qui n'était pas dépassée dans les bals les plus brillants.
Rien ne pouvait égaler la gaieté sans souci et le joyeux oubli de toute préoccupation qui régnaient dans ces lieux ; et la musique, comme toutes celles du même genre, y était excellente".

Les danseurs d'échasses aux Champs-E lysées. (Par Fortier-Marotte).
Sources : Magazine Napoléon 1er n° 25.



