de Invité » Mar 06 Déc 2005 15:23:04
Voici ce que j'ai trouvé concernant la noblesse française de ses origines à nos jours:
Les différentes origines de la noblesse ou comment devenait-on noble.
Les origines de la noblesse sont liées à celle de la monarchie, qu’elle va contribuer à installer, à combattre puis à servir selon ses intérêts. Dès le Moyen-Âge, la noblesse va s’organiser et la hiérarchie s’établir sur trois principes essentiels : l’ancienneté, les services et les illustrations. On distinguera ainsi quatre catégories de noblesse : la noblesse immémoriale, les anoblis par lettres, les anoblis par charge, les agrégés de la noblesse.
La noblesse immémoriale est la plus ancienne. Elle ne doit son état qu’a elle-même, dans ses conquêtes de terres, sans que le souverain ne soit intervenu pour l’élever. Elle se divise elle-même en trois sous catégories, à savoir :
- la noblesse féodale, qui remonte au XI e siècle et dont il ne reste aujourd’hui que trois maisons : Rochechouart, Rohan et d’Harcourt.
- La noblesse chevaleresque, dont la filiation prouvée remonte au-delà du XIV e siècle, comptant une vingtaine de maisons dites de l’ancienne chevalerie (XII e siècle). De la vieille noblesse d’Ancien Régime subsiste environ 300 noms qui sont parfois plus anciens qu’illustres, mais qui appartiennent à l’histoire.
- Dans la noblesse immémoriale sont comprises également les familles qui n’ont pas droit au titre de « maisons », bien que de bonne noblesse de race – dites d’ancienne extraction, si leurs filiations remontent avant 1500 (430 familles), soit d’extraction, si elles ne dépassent pas le XVI e siècle (800 familles).
Les anoblis par lettres.
Ce sont des lettres patentes signées du roi et dûment enregistrées à une chambre des comptes ou à une cour des aides. A l’opposé de la noblesse immémoriale, l’anobli doit tout au roi, qui l’a élevé du tiers état au second ordre du royaume. Cet anoblissement est devenu courant, dès le XIV e siècle, la plupart du temps pour service rendu à la monarchie. Mais c’est Louis XIV qui fera un véritable commerce de ces lettres, les vendant fort cher pour renflouer le Trésor royal. Enfin l’anoblissement par lettres est le seul mode utilisé par les deux empires et les deux monarchies du XIX e siècle. On dénombre un peu moins de 650 familles pour l’Ancien Régime et environ 550 pour le XIX e siècle.
La noblesse par charge.
Pour cette autre catégorie, plus nombreuse (1500 familles actuellement), la complexité et la variété se sont accumulées au cours des âges : outre les charges de judicature, dites noblesse de robe, les charges de finance, les charges municipales, dites noblesse de cloche, en font partie, sans oublier les secrétaires du roi, charge dite de « savonnette à vilains » car elle lavait de la roture, moyennant finance, cela va de soi !
Les agrégés à la noblesse
Ils sont peu nombreux (un peu plus de cent familles actuellement). L’agrégation consistait à posséder une terre noble, pendant trois ou quatre générations, ou cent ans minimum, en y vivant noblement, sans dérogeance ; moyennant quoi, cet état était entériné par le pouvoir royal.
Perdre son titre de noblesse ou la dérogeance
La dérogeance, sous l’Ancien Régime, était le rejet absolu. Pour l’éviter tout noble devait préciser sa qualification d’écuyer dans tous les actes officiels, s’interdire toute fonction « ignoble » (au sens étymologique du terme : ignobilis : non noble) que sont les métiers manuels (sauf le travail du verre), le commerce de détail et certains bas offices, comme huissier ou notaire. On était relevé de sa dérogeance par des lettres de réhabilitation, délivrées par le souverain et l’on revenait à l’état noble antérieur. Il faut noter que les enfants légitimes, nés avant que leur père ne fût frappé de dérogeance, gardaient leur noblesse.
Les preuves et titres de noblesse ou à la recherche de ses ancêtres nobles.
Colbert, sur la demande de Louis XIV, décréta, par l’édit de 1666, les grandes recherches de la noblesse. Le but était fiscal pour savoir qui était exempt des impôts, dont la taille, impôt roturier par excellence. En revanche, la noblesse était assujettie à la capitation (impôt par tête), qui ne frappait plus la fortune, mais le rang social.
Ces grandes recherches sont encore précieuses de nos jours. Toutefois, les preuves fournies ne pouvaient être établies que sur des actes originaux, d’où la difficulté pour certaines familles de faire reconnaître leur véritable ancienneté, quand les originaux avaient été détruits ou perdus. Quant aux anoblis par charge ou par lettre, seule compte la filiation directe du premier titulaire. Les frères et les cousins ne sont pas nobles pour autant, et de nos jours encore, ce critère a toute sa valeur. Les usurpateurs de noblesse étaient condamnés à une lourde amende.
Concernant les titres, sous l’Ancien Régime, ils ont une importance relative sauf le titre de duc, qui est sévèrement réglementé. En revanche, tous les titres du XIX e siècle ont fait l’objet de lettres patentes et l’aîné des descendants peut les enregistrer au Sceau de France, au ministère de la Justice, qui ne reconnaît pas les titres, mais les incorpore comme partie du nom, à l’état civil.
Il y a environ 900 titres légaux actuellement, dont plus de la moitié est du XIX e siècle. La chancellerie est place Vendôme et ce depuis la Régence. C’est là et auprès de l’Association de la noblesse française (ANF) que l’on peut retrouver les traces de ses ancêtres nobles.
On dénombre actuellement 3600 familles environ de noblesse authentique, soit un peu plus de 3000 pour l’Ancien Régime et plus de 500 pour le XIX e siècle.
Comment devenir noble aujourd’hui ?
La reprise d’un nom noble éteint ne transmet pas la noblesse ; ce ne sont que des changements de noms régis par la législation de l’état civil, sans aucune incidence sur l’hérédité. De plus, la noblesse n’est transmissible que par les enfants légitimes, nés dans le mariage religieux, car le divorce n’existait pas sous l’Ancien Régime.
Toutefois l’envie reste grande de paraître, même si en République, la noblesse n’est légalement plus rien. Pour lutter contre l’usurpation, l’Association de la noblesse française (ANF) reçoit les familles, sur preuves. Deux tiers de la noblesse actuelle en font partie. C’est aujourd’hui le seul garant d’authenticité.
La noblesse est généralement conçue comme une vertu que chaque noble reçoit de ses ancêtres de génération en génération. Elle est donc héréditaire. Ainsi par les liens du sang, la noblesse se transmet-elle de père en fils. Le plus simple pour être noble de nos jours reste pour une roturière d’épouser un aristocrate, assurant à ses descendances leurs lettres de noblesse. Mais à une condition qu’il s’agisse et pour le mari et pour la mariée de leur premier mariage…
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